jeu., 17/08/2017

[CAFÉ CITOYEN] Burn-out partout, burn out nulle part

Café Citoyen « Santé et Travail » mardi 19 septembre 2017 à 20h, avec Marie Pezé.

Burn-out, encore un anglicisme qui a envahi notre vocabulaire, alors que dans de nombreux pays, on parle plus simplement de « syndrome d’épuisement professionnel ».

Désormais mis à toutes les sauces et utilisé pour parler de tous les symptômes qu’un salarié peut présenter lorsqu’il souffre au travail, le burn-out risque de se perdre… et de nous perdre.

Le burn-out est encore trop souvent vécu comme un drame de l’insuffisance individuelle, alors qu’il relève d’une pathologie sociale, sinon même de civilisation. Une frénésie s’est emparée de notre époque et donc aussi du monde du travail. Nous vivons clairement au-dessus de nos moyens individuels physiques et psychologiques, plus généralement au-dessus des moyens de notre planète Terre …

Du côté du travail, celui qui réussit désormais n’est pas le plus intelligent ou le plus fort physiquement mais le plus rapide ! Pour satisfaire une insatiable productivité, le rythme de travail s’est intensifié au-delà des limites du corps et du psychisme humain et nous vivons une vie d’athlètes de la quantité, sans répit, sans repos, prisonniers d’un train qui roule si vite que ses passagers ne savent plus comment en descendre et ceux qui, au chômage, le regardent passer, sans savoir comment y monter. Voici la rançon de la nouvelle économie de marché.

Les cafés citoyens démarrent en se consacrant à la place et au rôle que chacun d’entre nous doit jouer pour préserver sa santé.

  • Lieu : Le Balbuzard, 54 rue René Boulanger, 75010 Paris (Métro République).
  • Conditions d’entrée :
    • Entrée payante : 10 € (boisson non-comprise)
    • Il est vivement recommandé de s’inscrire afin de pouvoir disposer d’une place assise –> merci d’écrire à cafe.sante.travail@gmail.com

 

Café Citoyen Santé et Travail

 

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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dim., 13/08/2017

L’interruption de la tâche : la banalité du quotidien des soignants vue comme facteur de risque psychosocial

Dans un contexte hyper connecté, le soignant est « bombardé » de signaux d’informations le contraignant à fonctionner en multitâche.

Une sonnette retentit lourdement, un patient vous hèle dans le couloir, alors que vous alliez commencer la rédaction d’un important document au moment même où un collègue vous questionne sur le dernier protocole mis en ligne….et cette envie de boire qui vous assèche la gorge depuis des heures. Beaucoup de soignants, quel qu’ils soient ont vécu au moins une fois, dans leur semaine de travail une situation qui pourrait ressembler à celle-ci !

Dans notre activité hospitalière, faire plusieurs choses en même temps est devenu une banalité quotidienne, pensée comme le meilleur moyen pour être productif et pour réaliser toutes les tâches que l’on a à faire dans le temps imparti. Dans un contexte hyper connecté, le soignant est « bombardé » de signaux d’informations le contraignant à fonctionner en multitâche.

Qu’est-ce que l’Interruption de la tâche ? Comment impacte-t-elle sur notre charge de travail ?

Il m’apparait judicieux de porter à votre attention que l’interruption de la tâche (IT) est recensée comme un facteur de risque psychosocial. Elle a été définie ainsi :

« L’interruption de la tâche est l’arrêt inopiné, provisoire ou définif d’une activité. La raison est propre à l’opérateur, ou, au contraire, lui est externe. L’interruption induit une rupture dans le déroulement de l’activité, une perturbation de la concentration de l’opérateur et une altération de la performance de l’acte. La réalisation éventuelle d’activités secondaires achève de contrarier la bonne marche de l’activité initiale. »

Les anglo-saxons utilisent le terme « MULTITASKING », emprunté à l’informatique, désignant un système d’exploitation capable de traiter en même temps plusieurs programmes. C’est la réactivité et l’agilité à passer d’un contexte à l’autre.

A cette lecture, nous pouvons donc comprendre que la gestion de ce risque vise à prévenir sa survenue mais aussi à atténuer les conséquences indésirables qui ne peuvent être évitées. Il s’agit là d’une culture de sécurité développée de manière prégnante au sein des établissements de santé et qui est désormais une composante majeure et indispensable de la démarche qualité.

L’INRS ajoute que l’interruption de la tâche est source de charge mentale. Au cours du temps, elle est mal vécue par le salarié qui a l’impression de faire un travail de mauvaise qualité et de ne jamais pouvoir terminer ce qu’il a entrepris. L’IT est source de stress, de fatigue mentale et physique.

Les différentes études réalisées montrent que les risques liés à la multitâche impactent 98% d’entre nous. Il semblerait donc que notre cerveau ne soit pas adapté pour ça ! Les risques décrits sont :

  • La compromission de la performance
  • La limite des capacités d’attention par le besoin des tâches qui rentrent en concurrence donc porter une attention à une activité implique nécessairement qu’on la supprime à une autre (donnée non intégrée ou survolée)
  • La perte de la concentration
  • Le travail de re-mémorisation est important (env. 25 min sont nécessaire pour se remettre réellement dans une tâche après l’avoir interrompue). Dans ce cas-là, ce n’est pas un gain de temps mais une perte.
  • A cela s’ajoutent la difficulté à décider, le jugement à court terme parfois biaisé, les réponses hors contextes, l’information non-prise en compte ou utilisée à contre-sens.

J’entends d’ici une petite voix me dire : « mais j’arrive bien à faire plusieurs choses à la fois puisque je suis capable de conduire en écoutant la radio »! Il y a en effet un moyen de faire du multitâche sans affecter son énergie et son cerveau : il suffit d’associer une tâche / action qui demande de l’attention à une action ne demandant aucune réflexion.

Quelle conduite à tenir pour devenir un mono tâche « presque parfait » ?

D’une manière générale, il est préférable de ne pas segmenter mais prioriser les actions, définir ce qui est important de ce qui est urgent. En hiérarchisant les tâches, elles ne deviennent pas concurrentielles. Il est bon, parfois, de savoir déléguer. N’oubliez pas de favoriser le travail en équipe.

Le travail du Dr Marie-Christine Moll et ses équipes (CHU d’Angers) lié à l’interruption de la tâche dans le contexte de la préparation et l’administration de médicament peut être une source d’inspiration à adapter dans les différents services de soins : Il s’agit, dans un premier temps, de privilégier l’organisation des équipes, dans un deuxième temps, de mettre en place la meilleure méthode d’identification des soignants procédant à une activité demandant de la concentration. Le port d’un gilet ou d’un brassard de couleur indique, symboliquement, que le soignant est en train de réaliser une tâche sensible, de même que le panneau « ne pas déranger ». A cela s’ajoute une communication efficace par affiche ainsi qu’une sensibilisation du patient et de son entourage.

En conclusion, nous comprenons bien que réduire le multitasking ne peut être que favorable à chacun pour son propre bien comme pour le bénéfice et la satisfaction de son travail. Gardons à l’esprit que ces améliorations et nos modifications d’habitude convergent vers la personne essentielle à l’essence même de notre travail, la personne hospitalisée.

Via le site managersante.com

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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jeu., 10/08/2017

Consultations Souffrance et Travail et cliniciens spécialisés

Le site Souffrance et Travail propose une liste de Consultations Souffrance et Travail et cliniciens spécialisés : n’hésitez pas à la consulter !

Vous faites face à une situation difficile au travail et vous avez besoin de conseils. Notre équipe ne peut malheureusement pas répondre à chacun de vos messages, mais nous avons mis en ligne la liste des Consultations Souffrance et Travail (qui sont marquées d’une croix rouge) et Cliniciens Spécialisés où vous trouverez quelqu’un pour vous conseiller dans la plupart des départements de France ainsi que quelques adresses en Belgique et en Suisse.

Liste des Consultations Souffrance et Travail et des Cliniciens Spécialisés >>>

 

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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mar., 08/08/2017

Une dizaine de suicides chez Renault en quatre ans

Selon notre décompte, réalisé avec les syndicats sur quatre des onze sites du groupe en France, 10 suicides et 6 tentatives liés aux conditions de travail sont à déplorer depuis 2013.

Burn-out, dépressions, stress et des salariés qui mettent fin à leurs jours… Dix ans après la vague de suicides qui avait défrayé la chronique, avec 3 suicides d’octobre 2006 à février 2007 au Technocentre de Guyancourt (Yvelines), le quotidien de certains employés de Renault semble toujours aussi pénible.

Selon notre décompte réalisé avec des syndicats sur quatre des onze sites du constructeur en France (Cléon, Douai, Sandouville, Le Mans), au moins 10 suicides et 6 tentatives liés aux conditions de travail ont eu lieu entre 2013 et 2017.

Le dernier cas connu remonte au 3 avril à Sandouville (Seine-Maritime), où un père de famille d’une quarantaine d’années a tenté de se pendre dans un atelier. Il portait autour du cou une pancarte où il avait inscrit les noms de ses chefs d’atelier avec cette mention : ils «m’ont tué». A Noël, une autre employée a voulu se suicider dans les toilettes de l’usine. «Pour nous, ces tentatives sont liées à Renault, enrage Nicolas Guermonprez, délégué CGT. Les cadences sont infernales. En 2007, le projecteur avait été mis sur le malaise des cadres, on a oublié celui des ouvriers.»

«Tu expliqueras ça à mes filles Carlos»

Pour le seul site de Cléon, spécialisé dans la fabrication de moteurs, 10 suicides ou tentatives ont été recensés. Le 22 avril 2013, un employé de 35 ans, père de deux enfants, s’y est pendu laissant une lettre disant : «Tu expliqueras ça à mes filles Carlos», le prénom de Ghosn, le PDG de Renault.

Rien qu’en 2016, Cléon, qui emploie 5 000 personnes, a vécu, selon les syndicats, 4 suicides ou tentatives parmi les CDI. Les syndicats pointent la pression de l’encadrement accentuée par l’accord de compétitivité de 2013 et le recours abusif aux intérimaires qui sont «exploités». «Depuis 2013, 8 000 emplois sur 34 000 ont été supprimés, rappelle William Audoux, de la CGT Cléon. Les ateliers, les bureaux d’étude et la maintenance se sont vidés en laissant des piles de dossiers sur les bureaux.»

Lire la suite sur le site du Parisien

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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dim., 06/08/2017

Le sombre devenir des victimes du travail

Dans une enquête menée auprès de 5 000 de ses adhérents, la Fnath (Association des accidentés de la vie) montre que deux tiers de ceux-ci, victimes d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle, ont été licenciés pour inaptitude.

Les employeurs n’y vont pas par quatre chemins avec leurs salariés lorsque ces derniers sont victimes d’un accident du travail ou contractent une maladie professionnelle. Près de deux victimes sur trois prennent alors la porte, et sont licenciées pour inaptitude médicale. C’est ce qui ressort d’une enquête par questionnaire menée par la Fnath (Association des accidentés de la vie) auprès de 5 000 personnes qui se sont rendues dans l’une de ses 1 000 permanences ces derniers mois. Près de 30 % d’entre elles sont des adhérents en activité, avec une surreprésentation du secteur privé ; 23 % sont en arrêt de travail et 23 % en recherche d’emploi. Enfin, le dernier quart représente des salariés en retraite ou près de la retraite, en foyer ou en invalidité.

Syndrome dépressif

Pour 55 % d’entre elles, ces personnes sont venues à la Fnath à la suite d’un accident du travail et 28 % à la suite d’une maladie professionnelle. Si l’on observe leurs problèmes de santé, 45 % des répondants à l’enquête ont un problème de dos (lumbago, sciatique, hernie…), 45 % souffrent de troubles musculo-squelettiques des membres supérieurs (épaule, coude, poignet) et 24 % d’un problème dépressif. Mais pour 17 % des victimes d’accident du travail ou de maladie professionnelle, le syndrome dépressif vient s’ajouter aux autres problèmes de santé (c’est la raison pour laquelle la somme des pourcentages dépasse les 100 %). « Seuls » 6 % des répondants sont venus à la Fnath à la suite d’un cancer.

Près de 40 % sont encore jeunes (entre 46 ans et 56 ans) et la même proportion a plus de 56 ans.

A la suite de leur accident ou maladie, 67% n’ont pas repris d’activité professionnelle dans leur entreprise. Et seulement 10 % ont retrouvé un emploi dans une autre entreprise.

Des victimes ignorant leurs droits

Lors des entretiens, les militants de la Fnath ont constaté que les usagers ignoraient « la totalité ou une partie de leurs droits » et étaient donc « dans l’impossibilité de les faire respecter », écrivent les rédacteurs de l’enquête. « Ces chiffrent sont édifiants, déplore Arnaud de Broca, le secrétaire général de la Fnath. Certes, il y a des biais méthodologiques dans une enquête où les répondants ne sont pas tirés au sort, mais les résultats viennent conforter les informations qui émanent des caisses d’assurance maladie et qui montrent à quel point un accident du travail ou une maladie professionnelle conduit à l’exclusion du monde de l’entreprise. Alors que le gouvernement vient d’annoncer la révision du compte pénibilité et qu’il s’apprête à travers les ordonnances à réviser les dispositions concernant l’inaptitude au travail, nous entendons bien peser dans le débat », prévient M. de Broca.

Lire la suite sur le site www.sante-et-travail.fr

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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ven., 04/08/2017

Travailler ne doit pas faire mal !

La Confédération européenne des syndicats (CES) lance un appel à l’UE et aux gouvernements nationaux pour qu’ils apportent davantage de soutien aux représentants des travailleurs pour la santé et la sécurité au travail afin de lutter contre les maux de dos, de cou et d’épaules.

Les maux de dos, de cou et d’épaules (ainsi que les autres maux articulaires aux mains, aux coudes ou aux genoux) – collectivement et techniquement connus sous le nom de troubles musculo-squelettiques (ou TMS) – représentent le type de maladie liée au travail la plus répandue en Europe. Les causes les plus fréquentes sont les mouvements répétitifs des mains ou des bras et la position assise durant de longues périodes.

Des directives européennes imposent aux employeurs l’obligation de prévenir ces troubles. En 2007, la Commission européenne a mené une consultation sur de possibles actions en matière de santé et de sécurité, y compris une nouvelle législation. Cette initiative a été suspendue en 2014-2015 dans l’attente d’une révision des directives de l’UE. Il ne s’est plus rien passé depuis, aucune autre action n’a été prise.

Ce qui est particulièrement inquiétant, ce sont des rapports de syndicats signalant que les droits existants relatifs à la consultation des travailleurs sont souvent ignorés et que certains organismes responsables de la sécurité et de l’hygiène au travail ne font rien pour y remédier.

« L’UE doit agir pour faire appliquer la législation existante », a déclaré Esther Lynch, Secrétaire confédérale de la CES, « et, si nécessaire, prendre de nouvelles mesures pour mettre fin au coûteux fléau des maux de dos, de cou et d’épaules. Ce qu’il faut, c’est une évaluation correcte des risques et l’implication des travailleurs et de leurs représentants pour la santé et la sécurité dans tous les lieux de travail. »

Et Esther Lynch d’ajouter : « Santé et sécurité ne se résument pas à de la paperasserie. Des actions sont nécessaires pour prévenir les souffrances inutiles chez les travailleurs et épargner aux entreprises des indemnisations pour congé de maladie qui peuvent être évitées. L’Union européenne ne peut escamoter le problème sous prétexte d’une meilleure réglementation. Ce dont les travailleurs ont besoin, c’est une meilleure protection et, au moins, l’application de la législation existante. »

Pour aider les travailleurs et les représentants syndicaux pour la santé et la sécurité à s’impliquer dans les questions liées aux troubles musculo-squelettiques, la CES et l’Institut syndical européen (ETUI) ont produit des affiches infographiques sur le thème « Parce que travailler ne doit pas faire mal… » soulignant le fait que « La législation européenne vous donne droit à une évaluation des risques » et encourageant les travailleurs à « Parler à votre représentant pour la sécurité ».

L’appel et les affiches ont été lancés lors de la conférence européenne sur l’ergonomie organisée à Bruxelles les 26 et 27 juin par la Fédération européenne des sociétés d’ergonomie et l’ETUI.

Via le site de la Confédération Européenne des Syndicats

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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lun., 31/07/2017

De l’esthétique du travail à l’hôpital. Il peut paraître

De l’esthétique du travail à l’hôpital.

Il peut paraître aujourd’hui superfétatoire, voire insultant d’associer l’idée d’esthétique avec le monde d’un travail comme le nôtre, tandis que les préoccupations de tous ceux qui se trouvent sous le joug de la productivité, de la rentabilité, c’est de retrouver des horaires compatibles avec leur vie personnelle et leur santé, et un salaire en accord avec la qualité et la durée de leur formation professionnelle. Les conditions d’exercice déstructurées, les tâches univoques en travail posté, leur parcellisation au prétexte de l’efficience, l’absence de temps et d’espace pour des contacts de qualité avec les patients, les collègues et les personnels de direction, n’amènent-ils pas certains d’entre nous, les plus désespérés, à penser qu’ils font un « sale métier » Et pour paraphraser Georges Darien, risquer de se trouver l’excuse de le faire « salement »… Et c’est bien là que tous les responsables des dérives de l’idéologie néo-libérale devraient prendre conscience du caractère contre-productif des implications de pareilles conditions de travail.

Il n’est pas question ici de faire le panégyrique de la supposée « noblesse » d’un métier qui s’exercerait jusqu’à l’épuisement au nom du don de soi; ou d’éluder les tâches pénibles d’annonce de mauvaises nouvelles, de contention de patients agités, de décision d’arrêt de soins, de se coltiner les patients souillés ou malodorants, de pratiquer des gestes invasifs pénibles. Voire accréditer des interventions dont le bien-fondé peut sembler discutable. Il n’est pas question non plus d’accréditer en se rengorgeant l’admiration béate (ou flagorneuse) du béotien: Quel beau métier vous faites Docteur ! Quel dévouement, mademoiselle l’infirmière, monsieur l’aide-soignant !
Un sale boulot renverrait plutôt dans mon propos à un défaut de reconnaissance sociale, un travail disqualifié, certes indispensable, mais dans un périmètre réduit de compétence technique, reproductible à l’infini selon un protocole immuable, et effectué par des agents interchangeables et anonymes.

Aux deux extrémités d’une échelle de l’esthétique au travail, deux positions sont symétriques : d’un côté, la dimension « noble » (le care) de l’activité de soignant ne justifie pas le don de soi désintéressé et la disponibilité sans limite ; de l’autre le cynisme le plus achevé d’un soignant ne se satisfait jamais complètement d’un boulot « salement » fait, serait-ce en contre partie d’un gros paquet d’argent ou de congés à rallonge. D’un côté l’exploitation éhontée au nom de la « noblesse » ; de l’autre l’exposition à une image dégradée de son identité tant à ses propres yeux qu’à ceux des patients et du personnel administratif. Dans les deux cas, cette tension entre travail bien ou mal fait, entre reconnaissance ou mépris, se traduit inévitablement par une souffrance au travail forcément préjudiciable à celui-ci.

La posture à adopter se situe au-delà des droits et des obligations de chacun au sein d’un établissement, d’un service, d’une unité : c’est l’occupation consciente du domaine des responsabilités dans les pratiques professionnelles, et ce dans la vie de tous les jours. Il n’y a pas de mètre étalon pour mesurer au quotidien ces responsabilités. Elles se doivent d’être assumées par le soignant sans échappatoire, et reconnues autour de lui sans dénégation. Ce domaine de responsabilité dépasse les frontières strictes des référentiels métiers et autres limites de compétence. Il dépasse les périmètres mesurables, quantifiables, évaluables. C’est à ce prix, inestimable, que le travail bien fait semblera beau à chacun.

Richard Torrielli

Richard Torrielli, auteur du roman L’Anesthésiste,
a longtemps exercé la profession de médecin anesthésiste à Bordeaux

L’ANESTHÉSISTE, Richard Torrielli

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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ven., 28/07/2017

L’enquête « Conditions de travail » auprès des employeurs : résultats détaillés

En 2013, l’enquête Conditions de travail comporte pour la première fois un volet « employeurs » en complément du volet «actifs occupés», dont la réalisation a été décidée en application des recommandations du rapport du Collège d’expertise sur le suivi statistique des risques psychosociaux au travail (Mesurer les facteurs psychosociaux de risque pour les maîtriser, 2011).

Ce rapport recommandait la réalisation d’une enquête couplée salariés – employeurs : « sous réserve d’éviter toute charge statistique inutile et d’adapter le questionnement des TPE et des employeurs publics, une enquête auprès des entreprises doit être réalisée en complément de celle auprès des salariés », afin de « confronter le point de vue des représentants des entreprises et celui des salariés pour mieux mettre en évidence les contraintes pesant sur les entreprises, les marges de décision dont elles disposent et les conséquences de ces contraintes et de ces décisions ».

Les recommandations du Collège d’expertise ont été mises en œuvre à partir de l’enquête Conditions de travail de 2013. Des actifs constituant un échantillon représentatif pour la France entière ont été interrogés chez eux en face à face par les enquêteurs Insee sur les horaires et l’organisation du temps de travail, l’organisation et les rythmes de travail, les risques, les pénibilités et leur prévention, les contraintes psychosociales, les relations avec le public, la violence au travail.

Le volet Employeurs a été réalisé auprès d’un échantillon national incluant les DOMs. L’unité économique enquêtée est l’établissement. Le champ de l’enquête concerne l’ensemble des établissements, qu’ils appartiennent au secteur marchand, non marchand ou à la fonction publique.

Les principaux thèmes abordés sont le positionnement économique et les relations de l’entreprise avec son environnement, les dispositifs managériaux d’organisation du travail, les pratiques de prévention des risques, la gestion des ressources humaines et la représentation des salariés.

Synthèse.Stat’ n° 23 – L’enquête « Conditions de travail » auprès des employeurs : résultats détaillés

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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mer., 26/07/2017

La mort tragique d’un ingénieur du Technocentre Renault à Guyancourt

Selon notre décompte, réalisé avec les syndicats sur quatre des onze sites du groupe en France, 10 suicides et 6 tentatives liés aux conditions de travail sont à déplorer depuis 2013.

Chez Renault,on les appelle les cadres à haut potentiel. Brahim E. était l’un d’eux. Mais dans la nuit du 23 au 24 novembre 2016, l’ingénieur de 44 ans est décédé des suites d’un malaise cardiaque, survenu dix minutes après le début de son entretien préalable à un licenciement, au Technocentre de Guyancourt (Yvelines).

Il y a quelques semaines, l’enquête du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) a conclu que le stress lié à ce rendez-vous était à l’origine du décès. « Après un problème de conception sur un modèle, la direction a voulu faire un exemple et Brahim a porté le chapeau, assure le syndicat SUD.

Le 10 novembre, lorsqu’il est convoqué, son monde s’écroule, il se remet à fumer, pleure et ne mange plus. Son corps n’a pas supporté. » Pourtant, l’ingénieur n’avait jusque là aucun problème de santé. Peu avant le drame, un médecin avait même donné son feu vert à sa participation à une course à pied.

Le management par la terreur

Embauché au début des années 2000, bien noté, le père de trois enfants a connu une évolution professionnelle continue jusqu’à devenir directeur de l’ingénierie de l’usine de Tanger (Maroc), qui emploie 3 000 à 4 000 personnes. Tout se gâte lorsque Renault rappelle il y a un an 43 000 exemplaires de sa Dacia Dokker produite au Maroc. « Il y avait un problème de serrure, poursuivent ces mêmes syndicalistes. Pour baisser son coût, un composant a été enlevé. Résultat, le véhicule ne remplissait plus les conditions d’homologation. »

Pour les différents responsables syndicaux aucun doute : « Jamais une personne seule ne prend une telle décision. C’est forcément collégial. La direction voulait un coupable et ils ont pris Brahim. »

Une histoire tragique qui illustre l’ambiance chez Renault depuis plusieurs années. « La direction veut construire des voitures toujours plus vite à des coûts toujours plus bas, les salariés sont sous pression, ne comptent pas leurs heures. Et quand ça coince, des têtes tombent, résume un cégétiste. C’est le management par la terreur. »

Via le site du Parisien

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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ven., 21/07/2017

SSTFC Réunion scientifique du 15 septembre 2017 - Champs électromagnétiques (CEM) en milieu de travail - BESANCON

Bonjour à tous,

Je vous remercierai d'avance de bien vouloir diffuser cette information auprès de toutes les personnes qui pourraient être susceptibles d'être intéressées.

Pour la prochaine réunion scientifique du 15 septembre 2017, la séance aura lieu toujours au même endroit :



Restaurant le Trépillot, rue Victor Sellier, 25000 Besançon
La thématique choisie concerne les Champs électromagnétiques (CEM) en milieu de travail.

Société de Santé au Travail de Franche-Comté Programme des journées scientifiques du vendredi 15 septembre 2017

Champs électromagnétiques (CEM) en milieu de travail

Certains CEM suscitent souvent de l’inquiétude de la part des salariés et des employeurs : ondes Wifi, antenne de téléphonie mobile…Et pour autant, d’autres CEM sont moins connus mais peuvent présenter un risque pour la santé des travailleurs.

Par ailleurs, le décret 2016-1074 du 3 aout 2016 relatif à la protection des travailleurs contre les risques dus aux champs électromagnétiques est entré en vigueur le 1er janvier 2017 et nombreuses sont les interrogations des employeurs à cet égard.

Les membres des équipes de santé au travail se doivent donc de renforcer leurs connaissances sur les champs électromagnétiques afin d’en prévenir les conséquences et de pouvoir informer employeurs et salariés sur ce sujet.

Dans ce cadre, nous vous proposons une intervention de Monsieur Patrick MOUREAUX, expert en CEM de l’INRS, que nous aurons la chance d’accueillir le 15 septembre lors de nos demi-journées scientifiques.

Programme :

  • 8h30 : accueil/café
  • 9h00 : introduction et présentation du nouveau bureau de la Société de Santé au Travail et d’ergonomie de Franche-Comté.
  • 09h30 : Mr Patrick Moureaux : différents types de CEM, réglementation applicable, effets biophysiques.
  • 10h45 : pause-café.
  • 11h00 : Mr Patrick Moureaux : analyse des risques et prévention, exemples de sources de CEM, discussion.
  • 12h30 : fin

Lieu :

Restaurant le Trépillot, 2 rue Victor Sellier 25000 Besançon.

Vous remerciant par avance, à bientôt.

PS: la réunion scientifique se déroule le 17 novembre prochain et aura pour thématique Psoriasis et travail. Pensez à réserver votre demi-journée. Le programme vous parviendra prochainement.
--

Sébastien HOF
Président SSTFC
Tel : 0609852186

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